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Classification · Fracture de la tête radiale

Classification de Mason de la tête radiale en 3D

Les types I à IV de Mason, avec les modifications de Johnston et de Broberg et Morrey, sur le modèle 3D de fracture de la tête radiale, vus de profil à 90° et de face comme les clichés du coude. Avec l'article de 1954, la reproductibilité, les classifications voisines (Hotchkiss, AO/OTA, suffixes de la Mayo), le lien avec le traitement, les pièges de cotation et des infographies libres pour l'enseignement et les publications.

Conçu par un chirurgien orthopédiste

Le modèle 3D s'ouvre dans votre navigateur, au type montré, sans inscription. Les infographies sont libres de réutilisation sous licence CC BY 4.0.

Infographie : six cas de la classification de Mason sur un coude en 3D, du type I (fracture non déplacée) au type IV (fracture avec luxation du coude), avec le profil à 90° de flexion et la vue de face sous chaque cas.
Libre de réutilisation sous licence CC BY 4.0. Télécharger en haute définition.

Les types

Types I à IV, en 3D

Chaque image est un rendu du modèle de fracture de la tête radiale d'EMET Education à ce type, coude gauche vu de profil à 90° de flexion, la tête sous le capitulum et le fragment antérieur au-dessus d'elle, en champ étroit pour approcher la projection d'un cliché de profil ; l'infographie y ajoute la vue de face. Le modèle dessine sept cas qui couvrent les quatre types : le type II en a trois (fragment unique, plusieurs fragments, col) et le type III deux (tête détachée, comminutive). Les déplacements montrés sont des cas typiques, réglables dans le modèle. Sous chaque type, le code AO/OTA 2018 le plus proche d'après la maquette.

  1. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : fissure de la tête radiale sans déplacement, Mason I.

    INon déplacée

    Définition
    Fissure ou fracture marginale de la tête, sans déplacement : un trait, pas de marche d'escalier (Iannuzzi et Leopold). Depuis Broberg et Morrey, un fragment partiel déplacé de moins de 2 mm, ou qui porte sur moins de 30 % de la surface articulaire, reste du type I (van der Windt et al.).
    AO/OTA 2018
    2R1B1 (articulaire partielle, simple ; AO Surgery Reference), avec le modificateur universel [1] (non déplacée ; compendium)
    Dans le modèle 3D
    Coin antéro-latéral de 120° de la tête, fissuré, sans aucun déplacement.
    Animer le type I en 3D
  2. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : un fragment antérieur de la tête radiale, écarté et basculé, Mason II.

    IIFragment partiel déplacé

    Définition
    Fracture d'un secteur marginal de la tête, déplacée : enfoncement, bascule ou marche d'escalier. Le seuil attribué à Broberg et Morrey est d'au moins 2 mm de déplacement et d'au moins 30 % de la surface articulaire (van der Windt et al.). Le fragment est presque toujours antéro-latéral, avant-bras en rotation neutre : 22 fois sur 24 en TDM (van Leeuwen et al.), 98 % de 66 fractures (Mellema et al.).
    AO/OTA 2018
    2R1B1 (articulaire partielle, simple), modificateur universel [2] (déplacée)
    Dans le modèle 3D
    Fragment antéro-latéral de 135° (environ 34 % de la tête), écarté de 3 mm, basculé de 20° et enfoncé de 1 mm. Le modèle relit le type I si le fragment est ramené sous 2 mm ou sous 30 % de la tête.
    Animer le type II en 3D
  3. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : fracture partielle de la tête radiale en deux fragments déplacés, Mason II.

    IIPlusieurs fragments

    Définition
    Fracture partielle déplacée dont le secteur est lui-même fragmenté (2 ou 3 morceaux), le reste de la tête restant solidaire du col. Hotchkiss range ces fractures en type II tant qu'elles sont reconstructibles ; Mason réservait le type III à la tête entière comminutive (van der Windt et al.).
    AO/OTA 2018
    2R1B3 (articulaire partielle, plurifragmentaire)
    Dans le modèle 3D
    Secteur de 135° en 2 fragments (3 au choix), écartés de 3 mm, basculés de 15° et enfoncés de 1,5 mm.
    Animer le type II à plusieurs fragments en 3D
  4. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : fracture du col du radius, la tête basculée sur le col, rangée en Mason II.

    IICol du radius

    Définition
    Fracture du col, la tête angulée ou translatée sur le col. Mason n'a décrit que la tête : les revues rangent le col déplacé ou angulé en type II (Mason–Hotchkiss), par convention (van der Windt et al.). Aucun seuil d'angulation n'est établi chez l'adulte ; certains auteurs tolèrent jusqu'à 4 mm de déplacement.
    AO/OTA 2018
    2R1A2 (extra-articulaire, col simple) (AO Surgery Reference)
    Dans le modèle 3D
    La tête bascule de 35° en dehors, translatée de 2 mm. Le modèle lit le type II à partir de 30° ou de 2 mm : c'est un choix de la maquette, pas un seuil publié.
    Animer le type II du col en 3D
  5. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : la tête radiale refendue et détachée du col, rangée en Mason III par la maquette.

    IIITête détachée du col

    Définition
    La tête, séparée du col, est en outre refendue : fracture articulaire complète. Mason ne décrit pas ce cas à part. Lecture d'EMET Education : type III, puisque toute la tête est atteinte ; chez Hotchkiss, le classement dépend de la possibilité de la reconstruire.
    AO/OTA 2018
    2R1C1 (articulaire complète, simple) (AO Surgery Reference)
    Dans le modèle 3D
    Col fracturé (écart de 3 mm, angulation de 10°, translation de 1 mm) et tête refendue en deux. Choix de la maquette : le type III.
    Animer la tête détachée en 3D
  6. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : la tête radiale éclatée en plusieurs fragments, Mason III.

    IIIComminutive

    Définition
    Fracture comminutive de toute la tête, déplacée : le type III de Mason, pour lequel la tête était alors réséquée. Au-delà de 3 fragments articulaires, la fixation devient peu fiable (13 résultats insatisfaisants sur 14 : Ring et al.), ce que Hotchkiss traduit par « non reconstructible ».
    AO/OTA 2018
    2R1C3 (articulaire complète, plurifragmentaire) (AO Surgery Reference)
    Dans le modèle 3D
    Le col et quatre fragments de la tête (3 à 5 au choix), écartés de 4 mm, basculés de 20° et enfoncés de 2 mm.
    Animer le type III en 3D
  7. Coude gauche en 3D, vu de profil à 90° de flexion : coude luxé, l'avant-bras remonté derrière l'humérus, avec une fracture de la tête radiale, Mason IV.

    IVAvec luxation du coude

    Définition
    Fracture de la tête radiale, de n'importe quel type, avec luxation du coude. Ce type n'est pas de Mason : Johnston l'a ajouté en 1962, quels que soient le déplacement et la comminution ; Broberg et Morrey l'ont repris en 1987 (Johnston, Broberg et Morrey). Il réunit des lésions de gravité très différente, de la fracture isolée à la triade terrible.
    AO/OTA 2018
    Le code AO de la fracture de la tête, avec le modificateur universel de luxation [5] (compendium)
    Dans le modèle 3D
    Ici un fragment partiel déplacé de 135° et le coude luxé en arrière et en dehors. La maquette lit le type IV dès que le coude est luxé, quelle que soit la fracture de la tête.
    Animer le type IV en 3D

Rendu schématique, à visée pédagogique : le modèle illustre chaque type sur un même coude, il ne reproduit pas une radiographie. Définitions reformulées d'après les revues (Iannuzzi et Leopold, van der Windt et al., Calderazzi et al.) ; les figures de Mason ne sont pas reproduites. La barre indique le type : une case pour le I, quatre pour le IV.

L'article d'origine

De Cutler (1926) à Mason (1954), puis Johnston (1962)

En 1954, Mark L. Mason, de l'Isle of Thanet Groups of Hospitals, publie dans le British Journal of Surgery une revue de cent fractures de la tête radiale (Mason, 1954). Des classements plus simples existaient : Cutler, en 1926, séparait déjà la fissure sans déplacement, le fragment unique détaché et les fragments multiples, le col formant une quatrième catégorie (Cutler, cité d'après Calderazzi et al.). Le schéma de Mason associe chaque type à une conduite à tenir.

Les trois types de Mason, tels que les résument les revues, puis ce qu'y ont ajouté ses successeurs :

  • Type I : fissure ou fracture marginale, sans déplacement ;
  • Type II : fracture d'un secteur marginal de la tête, avec déplacement ;
  • Type III : fracture comminutive de toute la tête (Iannuzzi et Leopold, Calderazzi et al.) ;
  • Type IV, ajouté par Johnston (Ulster Medical Journal, 1962) : fracture de la tête accompagnée d'une luxation du coude, quels que soient le déplacement et la comminution ; repris par Broberg et Morrey en 1987, dans une série de 24 fractures-luxations (Johnston, Broberg et Morrey, van der Windt et al.) ;
  • Le traitement de Mason : mobilisation pour le type I, résection de la tête pour le type III, au cas par cas pour le type II (Iannuzzi et Leopold, Calderazzi et al.). Le seuil de 2 mm et de 30 % de la surface articulaire est attribué à Broberg et Morrey (1987) ; il ne figure pas dans la définition de Mason telle que les revues la rapportent.

Le contexte a changé depuis 1954. En 1997, Hotchkiss plaide contre la résection systématique de la tête déplacée chez le sujet jeune et actif : de meilleures techniques d'imagerie, de voie d'abord et de pose des implants permettent souvent de la conserver (Hotchkiss). Sur le plan épidémiologique, la fracture de la tête radiale touche 2,8 personnes sur 10 000 par an, à 48 ans en moyenne, plus souvent des femmes (Kaas et al.). Les répartitions varient avec le recrutement : dans une série de 333 adultes d'un centre de référence, 67 % des fractures étaient de type I, 14 % de type II et 19 % de type III, avec une luxation dans 14 % des cas (van Riet et al., 2005) ; dans une série prospective de 201 fractures de la tête ou du col, 51 % étaient de type I, 41 % de type II, 5 % de type III et 2,5 % de type IV (Duckworth et al.).

Reproductibilité

La classification est-elle reproductible ?

Moyennement, sur radiographies. Sur 90 clichés lus par neuf observateurs, Calderazzi et al. trouvent un accord inter-observateurs « modéré » (κ de 0,49 et 0,50 aux deux séances) : κ de 0,40 à 0,45 pour les types II et III, de 0,50 à 0,53 pour le I et de 0,65 à 0,69 pour le IV, le plus facile à reconnaître. Les désaccords opposent presque toujours deux types voisins (I et II, II et III).

Reproductibilité de la classification de Mason et de ses modifications (références 9 à 14). Les études diffèrent par la version, les lecteurs et l'imagerie ; les coefficients ne sont pas directement comparables.
ÉtudeMesureValeur
Morgan et al., 1997Mason, 20 chirurgiens, 25 séries de clichés de face et de profil, deux séances : accord complet des lecteurs16 % des cas
Matsunaga et al., 2009Mason, 4 observateurs, 3 séances : kappa inter- puis intra-observateur (AO/ASIF : 0,25–0,48 · 0,48)0,43–0,56 · 0,58
Sheps et al., 2009Hotchkiss, 5 observateurs, 43 patients : kappa inter-observateurs, puis avec les types II et III regroupés (AO : 0,26 · 0,46)0,59 · 0,76
Guitton et Ring, 2011Broberg-Morrey, 85 chirurgiens, 12 fractures : radiographies avec TDM 3D, puis avec TDM 2D (accord qualifié, kappa non chiffré dans le résumé)modéré · passable
Ayyaswamy et al., 2019Mason, 5 observateurs, 30 fractures, clichés de face et de profil : kappa inter- puis intra-observateur (Charalambous : 0,42 · 0,49)0,33 · 0,43
Calderazzi et al., 2025Mason-Johnston, 9 observateurs, 90 radiographies : kappa de Fleiss inter-observateurs aux deux séances, à quatre mois d'écart0,49 · 0,50

La TDM en 3D améliore peu l'accord : avec la reconstruction 3D, l'accord passe de « passable » à « modéré », et le désaccord reste considérable (Guitton et Ring). Pour Ayyaswamy et al., les radiographies seules ne suffisent pas à classer ces fractures de façon fiable, pour la pratique comme pour la recherche. Le type IV, défini par la luxation, est le plus reproductible ; les types II et III, qui reposent sur la mesure d'un déplacement et sur le nombre de fragments, le sont le moins.

Variantes et classifications voisines

Johnston, Broberg et Morrey, Hotchkiss, AO/OTA, Mayo

« Mason III » n'a pas le même sens chez Mason (toute la tête comminutive), chez Broberg et Morrey (de même) et chez Hotchkiss (non reconstructible, quel que soit le nombre de fragments). Précisez la version dans toute publication : on trouve aussi « Mason–Hotchkiss » ou « Mason modifiée » sans autre précision.

Les principales variantes et classifications voisines :

Références 1 à 6, 8, 12, 14 et 32 à 34. Les correspondances AO/OTA par type de la page sont celles de la maquette, à titre indicatif ; ce n'est pas une table du compendium.
ClassificationCe qu'elle décritRemarque
Cutler, 1926Fissure sans déplacement ; fragment unique détaché ; fragments multiples ; le col à partPrécurseur de Mason, cité d'après Calderazzi et al.
Mason, 1954I : fissure ou fracture marginale non déplacée ; II : secteur marginal déplacé ; III : toute la tête comminutivePas de seuil chiffré dans la définition rapportée par les revues.
Johnston, 1962 (Mason–Johnston)Ajoute le type IV : fracture de la tête avec luxation du coudeLe plus reproductible des quatre types (Calderazzi et al.), mais il groupe des gravités très différentes.
Broberg et Morrey, 1987Type II : au moins 2 mm de déplacement et au moins 30 % de la surface articulaire ; reprend le type IV de JohnstonLa version lue par la maquette. Seuil attribué à ces auteurs par les revues.
Hotchkiss, 1997I : non déplacée ou peu déplacée (moins de 2 mm), sans blocage ; II : déplacée (souvent plus de 2 mm) ou col angulé, avec ou sans blocage mécanique, reconstructible ; III : comminutive, non reconstructible, résection ou prothèseRaisonne en conduite à tenir. Accord inter-observateurs « modéré » (κ 0,59), « substantiel » si l'on regroupe II et III (0,76).
AO/OTA 2018, segment 2R1 (compendium, AO Surgery Reference)A : extra-articulaire (dont A2, col simple) ; B : articulaire partielle (B1 simple, B3 plurifragmentaire) ; C : articulaire complète (C1 simple, C3 plurifragmentaire)Code morphologique : le déplacement et la luxation sont des modificateurs. Moins reproductible que Mason dans deux études (κ 0,26 contre 0,59 ; 0,25–0,48 contre 0,43–0,56). Les codes 2R1, un par un, en 3D →
Suffixes de la Mayo (van Riet et Morrey, 2008)Le type de Mason, suivi de lettres pour les lésions associées : c coronoïde, o olécrâne, l LCL, m LCM, d articulation radio-ulnaire distaleReproductibilité annoncée de 98 % ; 88 lésions associées documentées sur 333 fractures (26 %). La maquette les ajoute à sa lecture.
Regan et Morrey, 1989 (coronoïde)I : pointe ; II : 50 % du processus ou moins ; III : plus de 50 %Luxation ou fracture associée dans 14, 56 et 80 % des cas : la coronoïde se cherche devant toute fracture de la tête avec luxation.
CharalambousQuatre groupes morphologiques, plus déplacée ou non déplacéeClasse plus de fractures que Mason ; κ 0,42 inter-observateurs contre 0,33 (Ayyaswamy et al.).

Usage

En recherche et en pratique clinique

En recherche

La définition du type II fixe l'inclusion des essais : le protocole de l'essai RAMBO retient les fractures partielles d'au moins un tiers de la surface articulaire, avec au moins 2 mm de marche d'escalier et moins de 2 mm d'écart entre les fragments (Bruinsma et al.). L'essai randomisé de Mulders et al. (45 adultes, type II isolé) ne montre pas de différence fonctionnelle à un an entre ostéosynthèse et traitement non opératoire (DASH à 12 mois : 0,0 contre 1,7 ; p = 0,076). Dans une série de 201 fractures de la tête ou du col, l'âge, la complexité AO/OTA, la comminution radiographique et le choix d'opérer prédisaient un moins bon résultat, et 93 % des patients avaient un résultat excellent ou bon (Duckworth et al.).

En pratique clinique : du type au traitement

Type I. Traitement non opératoire et mobilisation précoce, quand la prono-supination n'est pas bloquée. Un hémarthrose peut simuler un blocage : une injection d'anesthésique dans l'articulation, ou un nouvel examen quelques jours plus tard, tranche (van der Windt et al.).

Type II. Un blocage mécanique de la prono-supination est une indication opératoire consensuelle. Sans blocage, rien n'est établi : la revue de Kaas et al. (9 séries de niveau IV, 224 patients) trouve 80 % de succès sans chirurgie (114 sur 142) et 93 % avec ostéosynthèse (76 sur 82), sans pouvoir conclure ; dans une série rétrospective, 2 ou 3 mm de marche traités sans chirurgie ne changeaient pas les résultats (Furey et al.). La comminution (plus de deux fragments) est généralement une indication opératoire (van der Windt et al.).

Type III. Fixer, remplacer ou réséquer. Avec plus de trois fragments articulaires, la fixation échoue presque toujours (Ring et al.) ; dans la méta-analyse de De Mauro et al. (trois études prospectives, 169 patients), les complications sont plus fréquentes après ostéosynthèse (26 événements sur 65) qu'après prothèse (8 sur 70). La résection simple ne se discute pas devant une fracture de la coronoïde ou une lésion ligamentaire (van der Windt et al.).

Type IV. Réduire tôt l'articulation huméro-ulnaire et traiter la tête selon son type ; éviter plus de quatre semaines d'immobilisation (24 coudes, Broberg et Morrey). Quand la coronoïde est fracturée, c'est la triade terrible : sur 11 coudes, 7 se sont luxés à nouveau sous attelle, et 5 après la chirurgie, dont les 4 traités par résection de la tête (Ring et al., 2002).

Les lésions que le type ne dit pas

Le type décrit la tête, pas ce qui l'entoure. Dans la série de van Riet et al., 16 % des fractures avaient une fracture de la coronoïde et 14 % une luxation. Parmi 121 fractures de type II, la perte complète du contact cortical d'au moins un fragment allait avec une lésion complexe dans 91 % des cas, contre 33 % sans elle (rapport de cotes 21 : Rineer et al.). À l'IRM de 24 fractures de type II ou III sans luxation connue, le ligament collatéral ulnaire latéral n'était pas intact dans 18 cas, le ligament collatéral médial dans 13 et le capitulum avait un défaut ostéochondral dans 7 (Itamura et al.) ; le ligament collatéral latéral était rompu dans les 62 coudes opérés pour luxation ou fracture-luxation d'une autre série (McKee et al.). Enfin, la lésion d'Essex-Lopresti passe inaperçue : un raccourcissement du radius de 2 à 4 mm chez 22 des 60 patients douloureux du poignet, parmi 237 fractures du radius proximal (Duckworth et al., 2011) ; sur pièces anatomiques, 3 mm de migration proximale du radius sous traction, après résection de la tête, signent la rupture de la membrane interosseuse (Smith et al.) ; sur 31 lésions, 15 ont été reconnues plus de quatre semaines après la fracture, avec un moins bon résultat (Schnetzke et al.). Ces lésions se notent par les suffixes de la Mayo (van Riet et Morrey) ; la maquette en dessine la coronoïde, la luxation, l'encoche d'Osborne-Cotterill et la rupture du LCL, mais ni la membrane interosseuse ni Essex-Lopresti.

Pièges de cotation

Cinq pièges en classant une fracture de la tête radiale

  • Deux millimètres et 30 % : une convention. Ces seuils séparent le I du II, mais ils ne sont pas démontrés : 2 ou 3 mm de marche non opérée n'ont pas changé les résultats (Furey et al.), et le fragment moyen des fractures de haute énergie couvre 42,5 % de la surface (Capo et al.). Dites le seuil et ce qui est mesuré (marche ou écart). La maquette applique les deux : un fragment ramené sous 2 mm redevient du type I.
  • Le cliché sous-estime. De face et de profil, le nombre de fragments, l'enfoncement central et la perte de contact cortical ne se voient pas toujours ; la TDM 3D n'améliore l'accord que d'un cran (Guitton et Ring). Indiquez si le type vient du cliché ou de la TDM.
  • Entre deux types voisins. Les désaccords opposent presque toujours le I au II et le II au III (Calderazzi et al.). Écrire la mesure (millimètres, part de la tête, nombre de fragments) en plus du chiffre romain évite les discussions.
  • Quelle version ? « Mason III » désigne la tête comminutive chez Mason, et la tête non reconstructible chez Hotchkiss, où une tête comminutive mais réparable est un II (van der Windt et al.). Le col n'est pas chez Mason : le col angulé est rangé en II par convention. Et la maquette lit III la tête détachée du col et refendue, ce que Mason ne dit pas.
  • Ce que le type ne voit pas. Le type IV réunit des gravités très différentes (Iannuzzi et Leopold), et la coronoïde, le LCL ou la membrane interosseuse ne se voient pas sur le cliché de la tête : ajoutez les suffixes de la Mayo, examinez l'articulation radio-ulnaire distale et le poignet.

Autoévaluation

Quel type de Mason ?

Le même coude vu de trois quarts avant, aux sept cas du modèle, dans le désordre. Trouvez le type de Mason (le col et la tête détachée comme dans cette page) ; la réponse s'accompagne de la définition.

Coude en 3D vu de trois quarts avant, à un type de Mason inconnu, pour l'autoévaluation.

Quel est le type de Mason ?

Télécharger et citer

Des infographies libres, pour l'enseignement et les publications

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Citer cette figure

Prêt à coller. Pour une figure de revue, ajoutez la référence d'origine (Mason, 1954 ; Johnston, 1962 pour le type IV).

VancouverEMET Education. Classification de Mason des fractures de la tête radiale : visualisation 3D [Internet]. 2026 [cité le]. Disponible : https://www.emet-education.com/fr/classifications/mason-tete-radiale/. CC BY 4.0.
APAEMET Education. (2026). Classification de Mason des fractures de la tête radiale : visualisation 3D [Infographie]. https://www.emet-education.com/fr/classifications/mason-tete-radiale/ (CC BY 4.0)
HTML<a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/mason-tete-radiale/"><img src="https://www.emet-education.com/fr/classifications/mason-tete-radiale/img/infographic.webp" alt="Classification de Mason des fractures de la tête radiale en 3D" width="960"></a><br>Figure : <a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/mason-tete-radiale/">EMET Education</a>, CC BY 4.0

Questions

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un Mason II et un Mason III ?

Le type II est une fracture partielle : un secteur marginal de la tête se détache et se déplace, le reste de la tête reste solidaire du col. Le type III atteint toute la tête, en plusieurs fragments déplacés. Hotchkiss préfère raisonner sur la possibilité de réparer : chez lui, une tête comminutive mais reconstructible est un type II, et seule la tête non reconstructible est un type III.

Que signifie le type IV de Mason ?

Mason n'a décrit que trois types en 1954. Le type IV est de Johnston (1962) : une fracture de la tête radiale accompagnée d'une luxation du coude, quels que soient le déplacement et le nombre de fragments. Broberg et Morrey l'ont repris en 1987, d'où les noms « Mason–Johnston » ou « Mason modifiée ». Il réunit des lésions de gravité très différente ; la coronoïde et le ligament collatéral latéral sont à chercher.

À partir de quel déplacement une fracture de la tête radiale est-elle de type II ?

Dans la modification attribuée à Broberg et Morrey, un fragment partiel est « déplacé » (type II) s'il a au moins 2 mm de déplacement et porte sur au moins 30 % de la surface articulaire. C'est une convention : dans une série rétrospective, 2 ou 3 mm de marche traités sans chirurgie ne changeaient pas les résultats, et un blocage mécanique de la prono-supination est l'indication opératoire qui fait consensus.

Mason, Hotchkiss, AO/OTA ou Mayo : laquelle utiliser ?

Elles se complètent. Mason ou Hotchkiss pour parler du type et de la conduite à tenir (Hotchkiss : κ 0,59 contre 0,26 pour l'AO dans la même étude) ; l'AO/OTA 2R1 pour les registres, avec ses modificateurs ; les suffixes de la Mayo (c, o, l, m, d) pour noter les lésions associées. Précisez toujours la version employée.

Où classer une fracture du col du radius ?

Mason n'a décrit que la tête. Les revues rangent le col déplacé ou angulé en type II (Mason–Hotchkiss), et le col simple est un 2R1A2 en AO/OTA 2018. Aucun seuil d'angulation n'est établi chez l'adulte ; certains auteurs tolèrent jusqu'à 4 mm de déplacement. Le modèle 3D lit le type II à partir de 30° ou de 2 mm de translation : c'est son choix, pas un seuil publié.

Puis-je réutiliser ces images dans un cours ou un article ?

Oui. Les images et les infographies de cette page sont sous licence Creative Commons Attribution 4.0 : réutilisation libre, y compris commerciale, en citant EMET Education avec un lien vers cette page. L'encadré « Citer cette figure » donne des citations prêtes à coller.

Comment les images 3D ont-elles été faites ? Reprennent-elles les schémas de Mason ?

Non, aucune figure des articles n'est reprise. Ce sont des rendus du modèle de fracture de la tête radiale d'EMET Education, réglé à chaque type : les fragments sont taillés dans un radius relevé sur scanner, au siège que décrivent les séries de TDM (le quadrant antéro-latéral, d'après van Leeuwen et al. et Mellema et al.), puis déplacés et enfoncés. C'est un modèle schématique, pour l'enseignement ; il ne reproduit pas une radiographie et ne dessine ni la membrane interosseuse ni le ligament annulaire. EMET Education n'est affilié ni à Mason, ni à l'AO Foundation.

Sources

Auteur et références

Page rédigée par le Dr Mikaël Chelli, chirurgien orthopédiste. Dernière relecture le 31 octobre 2026. Nombres de citations : OpenAlex, 31 octobre 2026.

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