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Classification · Fracture de l'olécrâne
Classification de Mayo des fractures de l'olécrâne : visualisation 3D
Les six types de la classification de la Mayo Clinic, selon le déplacement, la stabilité du coude et la comminution, sur un modèle 3D du coude vu comme la radiographie de profil. Avec l'origine de la classification, les données de reproductibilité, les classifications voisines et des infographies libres pour l'enseignement et les publications.
Conçu par un chirurgien orthopédiste
Le modèle 3D s'ouvre dans votre navigateur, au type montré, sans inscription. Les infographies sont libres de réutilisation sous licence CC BY 4.0.
- 1993Décrite par Cabanela et Morrey dans The Elbow and Its Disorders
- I–III · A/BTrois types selon le déplacement et la stabilité, chacun simple (A) ou comminutif (B)
- 80–85 %Des fractures de l'olécrâne sont de type II : déplacées, coude stable
- κ 0,32Accord inter-observateurs sur radiographies, dans deux études
Les six types
Du type IA au type IIIB, en 3D
Chaque image est un rendu du modèle de fracture de l'olécrâne d'EMET Education à ce type, vu comme la radiographie de profil sur laquelle se lit la classification : de dehors, coude fléchi à 90°, avant-bras en position neutre ; la tête radiale se projette sur le coronoïde, comme sur le cliché. Le trait naît au milieu de l'incisure trochléaire et gagne la corticale postérieure ; aux types II et III, le foyer s'ouvre de 10 mm en arrière.
-
IANon déplacée
- Critères
- Fracture non déplacée, trait simple (non comminutive).
- Dans le modèle 3D
- Trait transverse, un peu oblique, du milieu de l'incisure trochléaire à la corticale postérieure ; les fragments restent en place, un liseré rouge borde le trait.
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IBNon déplacée, comminutive
- Critères
- Fracture non déplacée, comminutive.
- Dans le modèle 3D
- Foyer d'environ 9 mm le long de la corticale postérieure, entre deux traits ; cinq esquilles (deux de la surface articulaire, trois de la corticale) restées en place.
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IIADéplacée, stable
- Critères
- Fracture déplacée, articulation huméro-ulnaire stable (ligaments collatéraux intacts, en particulier le faisceau antérieur du ligament collatéral médial), trait simple.
- Dans le modèle 3D
- Le triceps tire le fragment proximal : il bascule autour du bec, resté accroché à la trochlée, et remonte ; le foyer s'ouvre de 10 mm en arrière. L'ulna distale et le radius restent en place.
-
IIBDéplacée, comminutive
- Critères
- Fracture déplacée, articulation huméro-ulnaire stable, comminutive.
- Dans le modèle 3D
- Même déplacement du fragment proximal ; les esquilles suivent, celles de la surface articulaire s'enfoncent, celles de la corticale s'écartent.
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IIIAInstable
- Critères
- Fracture déplacée, articulation huméro-ulnaire instable (ligaments collatéraux rompus), trait simple.
- Dans le modèle 3D
- L'ulna distale et le radius, tenus ensemble par le ligament annulaire, passent en avant de la palette humérale en glissant sur la trochlée ; l'olécrâne reste en arrière avec le triceps : fracture-luxation trans-olécrânienne.
-
IIIBInstable, comminutive
- Critères
- Fracture déplacée, articulation huméro-ulnaire instable, comminutive.
- Dans le modèle 3D
- La luxation antérieure de l'avant-bras, avec un olécrâne éclaté en esquilles.
Rendu schématique, à visée pédagogique : le modèle illustre chaque type sur un même coude, il ne reproduit pas une radiographie. Critères reformulés d'après Cabanela et Morrey (1993) et Morrey (1995) ; leurs figures ne sont pas reproduites.
L'origine
Cabanela et Morrey, 1993
M. E. Cabanela et B. F. Morrey, de la Mayo Clinic, ont proposé cette classification en 1993, dans la deuxième édition de The Elbow and Its Disorders, puis Morrey l'a reprise dans les Instructional Course Lectures de 1995 (44:175–85). Elle voulait simplifier les classifications existantes — celle de Colton (1973), fondée sur la forme du trait et le mécanisme, et celle de l'AO (1987) — en ne retenant que ce qui oriente le traitement.
Elle repose sur trois questions, lues sur la radiographie de profil :
- la fracture est-elle déplacée ? Type I si non ; un déplacement articulaire de plus de 2 mm est habituellement tenu pour un déplacement ;
- le coude est-il stable ? Type II si l'articulation huméro-ulnaire est stable, les ligaments collatéraux intacts (en particulier le faisceau antérieur du ligament collatéral médial) ; type III si elle est instable ;
- la fracture est-elle comminutive ? A si non, B si oui ;
- le pronostic suit le type : excellent au type I (environ 5 % des fractures), bon au type II (80 à 85 %), réservé au type III.
C'est aujourd'hui la classification la plus employée dans les études sur l'olécrâne. Dans une base prospective d'Édimbourg, le type IIA représentait 47 des 78 fractures de l'extrémité proximale de l'ulna recensées en un an (Duckworth et al., 2012) ; dans une série multicentrique française, les types IIA et IIB faisaient 66 % des 109 fractures de l'olécrâne (Niéto et al., 2015).
Reproductibilité
Le type est-il reproductible ?
Peu, entre observateurs. Un même lecteur se répète correctement, mais deux lecteurs s'accordent mal, et le scanner n'y change pas grand-chose : Sullivan et Desai jugeaient cette faible reproductibilité suffisante pour mettre en doute son usage.
| Étude | Mesure | Valeur |
|---|---|---|
| Tamaoki et al., 2014 | Kappa intra-observateur moyen, 4 lecteurs, 59 fractures, trois lectures | 0,64 |
| Tamaoki et al., 2014 | Kappa inter-observateurs (AO 0,35 ; Schatzker 0,29 ; Colton 0,12) | 0,32 |
| Benetton et al., 2015 | Kappa inter-observateurs, 8 chirurgiens (Colton 0,67 ; rapporté par Sullivan et Desai) | 0,19 |
| Harbrecht et al., 2024 | Kappa intra-observateur, 4 chirurgiens, 20 fractures : radiographie, puis scanner | 0,76 · 0,82 |
| Harbrecht et al., 2024 | Kappa inter-observateurs : radiographie, puis scanner | 0,32 · 0,44 |
Aucune des classifications de l'olécrâne ne fait vraiment mieux : chez Tamaoki et al., les quatre classifications comparées restaient peu reproductibles, et la place de Colton s'inverse d'une étude à l'autre (0,12 chez Tamaoki, 0,67 chez Benetton). Le point faible de Mayo est le type III : la stabilité du coude se juge mal sur un cliché statique.
Classifications voisines
Ce que les autres classifications ajoutent
Mayo trie les fractures selon ce qui oriente le traitement ; d'autres classifications décrivent plus finement la forme du trait, les fragments ou les lésions associées. Dans les fractures-luxations, la coronoïde est la clé de la stabilité, et se classe à part.
Les plus utilisées :
| Classification | Ce qu'elle cote | Usage habituel |
|---|---|---|
| Colton (1973) | La forme du trait et le mécanisme : fractures non déplacées, puis arrachement, trait oblique ou transverse, comminution, fracture-luxation. | Classification historique ; reproductibilité très variable selon les études. |
| Schatzker | La forme du trait, de la fracture transverse à la fracture-luxation, en passant par l'impaction, l'oblique et la comminution. | Planification de l'ostéosynthèse ; corrélée à l'arthrose chez Rommens et al. |
| AO/OTA | Un code alphanumérique de l'extrémité proximale de l'avant-bras, selon le siège extra- ou intra-articulaire et la comminution. | Recherche et registres. |
| Regan-Morrey (1989) | La fracture associée de la coronoïde : pointe (I), moins de 50 % (II), plus de 50 % du processus (III). | Fractures-luxations du coude ; elle se lit aussi dans le modèle 3D. |
| Classification par fragments (2024) | Les fragments des fractures complexes au scanner (postérieur, intermédiaire, tricipital, crête du supinateur, coronoïde…). | Planification chirurgicale des fractures comminutives (CCI inter-observateurs 0,71). |
Usage
En recherche et en pratique clinique
En recherche
Le type de Mayo sert surtout à décrire les séries et à comparer les techniques. Chez Rommens et al. (58 patients revus), les coudes instables (type III) perdaient plus de fonction, et les auteurs recommandaient Mayo ou Schatzker. Chez Tarallo et al. (78 fractures IIA et IIB), brochage-haubanage et plaque donnaient des résultats fonctionnels comparables, mais le haubanage se compliquait plus souvent (48 % contre 17 % au type IIA, 40 % contre 23 % au type IIB) et son matériel était plus souvent retiré. En revanche, les études ne trouvent généralement pas de différence de résultat d'un type à l'autre, ce qui interroge sa valeur pronostique.
En pratique clinique
Le type oriente le traitement : au type I, courte immobilisation puis mobilisation active ; au type IIA, brochage-haubanage ; au type IIB, plaque ; au type III, plaque, avec le traitement des lésions associées (coronoïde, tête radiale, ligaments). Il ne tient compte ni de l'âge ni de la qualité de l'os.
Or l'âge pèse : chez des patients âgés peu demandeurs (43 patients, 76 ans en moyenne), le traitement sans opération de fractures déplacées donnait 72 % de bons ou très bons résultats à court terme, un score DASH moyen de 2,9 à six ans, et 91 % de satisfaits, sans reprise pour pseudarthrose (Duckworth et al., 2014).
Pièges de cotation
Cinq pièges en classant une fracture de l'olécrâne
- Coter sur un vrai profil. Coude fléchi à 90°, épicondyles superposés : une rotation du coude masque l'écart du foyer ou les esquilles. Au moindre doute sur la comminution, un scanner précise les fragments.
- Ne pas juger la stabilité sur un seul cliché. Le type III suppose une articulation huméro-ulnaire instable ; un cliché statique peut ne pas le montrer. Cherchez une subluxation de l'avant-bras par rapport à l'humérus, et la congruence de l'articulation radio-capitellaire.
- Au type III, chercher les lésions associées. Fracture de la coronoïde (Regan-Morrey), de la tête radiale, rupture du ligament collatéral latéral : elles changent l'intervention.
- Mesurer le déplacement sur la surface articulaire. C'est l'écart ou la marche articulaire qui fait passer du type I au type II ; on retient habituellement 2 mm.
- Ne pas traiter le type seul. Une fracture déplacée chez un patient âgé et peu demandeur peut se traiter sans opération ; le type ne dit rien du terrain.
Autoévaluation
Quel type ?
Le même coude vu de dedans, aux six types, dans le désordre. Trouvez le type de chacun ; la réponse s'accompagne des critères.
Quel est ce type de Mayo ?
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EMET Education. Classification de Mayo des fractures de l'olécrâne : visualisation 3D [Internet]. 2026 [cité le]. Disponible : https://www.emet-education.com/fr/classifications/mayo-olecrane/. CC BY 4.0.EMET Education. (2026). Classification de Mayo des fractures de l'olécrâne : visualisation 3D [Infographie]. https://www.emet-education.com/fr/classifications/mayo-olecrane/ (CC BY 4.0)<a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/mayo-olecrane/"><img src="https://www.emet-education.com/fr/classifications/mayo-olecrane/img/infographic.webp" alt="Classification de Mayo des fractures de l'olécrâne en 3D" width="960"></a><br>Figure : <a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/mayo-olecrane/">EMET Education</a>, CC BY 4.0Questions
Questions fréquentes
Quelle différence entre les types IIA et IIB de Mayo ?
Les deux sont des fractures déplacées sur un coude stable. Le type IIA a un trait simple, le type IIB est comminutif. La différence oriente l'ostéosynthèse : brochage-haubanage plutôt au type IIA, plaque au type IIB.
Comment reconnaître un type III ?
Par l'instabilité de l'articulation huméro-ulnaire : l'avant-bras (ulna distale et radius) se luxe ou se subluxe, le plus souvent en avant, alors que l'olécrâne reste en arrière avec le triceps. Un cliché statique peut la sous-estimer ; il faut alors chercher les lésions associées de la coronoïde, de la tête radiale et des ligaments.
Une fracture de type I s'opère-t-elle ?
Habituellement non : une courte immobilisation, puis une mobilisation active progressive. Une surveillance radiographique vérifie que la fracture ne se déplace pas secondairement.
Mayo, Colton ou Schatzker ?
Mayo trie les fractures selon ce qui oriente le traitement (déplacement, stabilité, comminution) ; Colton et Schatzker décrivent surtout la forme du trait. Aucune n'est très reproductible ; Mayo est la plus employée dans les études récentes.
Faut-il opérer une fracture déplacée chez une personne âgée ?
Pas toujours. Chez des patients âgés peu demandeurs, le traitement sans opération de fractures déplacées donne de bons résultats fonctionnels et une grande satisfaction, même quand la fracture ne consolide pas : la décision tient compte du patient, pas seulement du type.
Puis-je réutiliser ces images dans un cours ou un article ?
Oui. Les images et les infographies de cette page sont sous licence Creative Commons Attribution 4.0 : réutilisation libre, y compris commerciale, en citant EMET Education avec un lien vers cette page. L'encadré « Citer cette figure » donne des citations prêtes à coller.
Comment les images 3D ont-elles été faites ?
Ce sont des rendus du modèle de fracture de l'olécrâne d'EMET Education, réglé à chaque type : les fragments sont taillés dans l'ulna du modèle, le fragment proximal bascule sous la traction du triceps, et au type III l'avant-bras se luxe en avant de l'humérus. C'est un modèle schématique, pour l'enseignement et l'explication au patient ; il ne reproduit pas une radiographie.
Sources
Auteur et références
- Cabanela ME, Morrey BF. Fractures of the proximal ulna and olecranon. In: Morrey BF, editor. The Elbow and Its Disorders. 2nd ed. Philadelphia: WB Saunders; 1993.
- Morrey BF. Current concepts in the treatment of fractures of the radial head, the olecranon, and the coronoid. Instr Course Lect. 1995;44:175–85.
- Sullivan CW, Desai K. Classifications in brief: Mayo classification of olecranon fractures. Clin Orthop Relat Res. 2019;477(4):908–10. doi:10.1097/CORR.0000000000000614
- Tamaoki MJ, Matsunaga FT, Silveira JD, Balbachevsky D, Matsumoto MH, Belloti JC. Reproducibility of classifications for olecranon fractures. Injury. 2014;45 Suppl 5:S18–20. doi:10.1016/S0020-1383(14)70015-4
- Benetton CA, Cesa G, El-Kouba Junior G, et al. Agreement of olecranon fractures before and after the exposure to four classification systems. J Shoulder Elbow Surg. 2015;24(3):358–63. doi:10.1016/j.jse.2014.10.025
- Harbrecht A, Hackl M, Ott N, et al. Mayo classification of olecranon fractures revisited: assessment of intra- and interobserver reliability based on CT scans. J Orthop. 2024;52:102–6. doi:10.1016/j.jor.2024.02.026
- Colton CL. Fractures of the olecranon in adults: classification and management. Injury. 1973;5(2):121–9. doi:10.1016/S0020-1383(73)80088-9
- Regan W, Morrey B. Fractures of the coronoid process of the ulna. J Bone Joint Surg Am. 1989;71(9):1348–54.
- Rommens PM, Küchle R, Schneider RU, Reuter M. Olecranon fractures in adults: factors influencing outcome. Injury. 2004;35(11):1149–57. doi:10.1016/j.injury.2003.12.002
- Tarallo L, Mugnai R, Adani R, et al. Simple and comminuted displaced olecranon fractures: a clinical comparison between tension band wiring and plate fixation techniques. Arch Orthop Trauma Surg. 2014;134(8):1107–14. doi:10.1007/s00402-014-2021-9
- Duckworth AD, Bugler KE, Clement ND, Court-Brown CM, McQueen MM. Nonoperative management of displaced olecranon fractures in low-demand elderly patients. J Bone Joint Surg Am. 2014;96(1):67–72. doi:10.2106/JBJS.L.01137
- Duckworth AD, Clement ND, Aitken SA, Court-Brown CM, McQueen MM. The epidemiology of fractures of the proximal ulna. Injury. 2012;43(3):343–6. doi:10.1016/j.injury.2011.10.017
- Chapleau J, Joly-Chevrier M, Tohmé P, et al. A novel fragment specific classification of complex olecranon fractures: 3-dimensional model design, radiological validation, and proposed surgical algorithm. J Shoulder Elbow Surg. 2024;33(5):1084–91. doi:10.1016/j.jse.2023.12.021
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