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Classification · Rhizarthrose

Classification d'Eaton-Littler de la rhizarthrose en 3D

Les quatre stades radiographiques d'Eaton-Littler de l'arthrose trapézo-métacarpienne du pouce, sur le modèle 3D de rhizarthrose, vue de profil radio-palmaire de près, avec l'articulation scapho-trapézienne qui fait le stade IV. Avec la définition de chaque stade, les trois versions publiées, les kappas, le lien avec les traitements, les pièges de cotation et des infographies libres pour l'enseignement et les publications.

Conçu par un chirurgien orthopédiste

Le modèle 3D s'ouvre dans votre navigateur, au stade montré, sans inscription. Les infographies sont libres de réutilisation sous licence CC BY 4.0.

Infographie : les stades I à IV d'Eaton-Littler de la rhizarthrose sur un pouce en 3D, après la main saine qui sert de repère, avec sous chaque stade une vue de l'articulation scapho-trapézienne.
Libre de réutilisation sous licence CC BY 4.0. Télécharger en haute définition.

Les stades

Du stade I au stade IV, en 3D

Chaque image est un rendu du modèle 3D de rhizarthrose d'EMET Education à ce stade : la trapézo-métacarpienne de près, vue de profil radio-palmaire, doigts longs masqués, comme on lit l'interligne, les ostéophytes et la subluxation de M1 sur la radiographie. La main saine sert de repère : il n'y a pas de stade 0 dans la classification. Les définitions suivent la version d'Eaton et Glickel de 1987 (Kennedy et al., Carità et al.).

  1. Pouce en 3D vu de profil radio-palmaire : trapézo-métacarpienne saine, interligne régulier, sans ostéophyte.

    Main saine (repère)

    Dans le modèle 3D
    Cartilage lisse, interligne régulier, base du 1er métacarpien (M1) centrée sur la selle du trapèze, aucun bec. C'est le modèle sans lésion, pas un stade.
    Voir la main saine en 3D
  2. Pouce en 3D vu de profil radio-palmaire, stade I : interligne conservé, cartilage terne, base de M1 en place.

    IInterligne conservé ou élargi

    Définition
    Contours articulaires normaux ; interligne normal ou un peu élargi (épanchement, laxité) ; subluxation de moins d'un tiers de la base de M1.
    Dans le modèle 3D
    Cartilage terne à la partie palmaire de l'articulation, interligne et contours conservés, base de M1 en place. Le modèle ne dessine ni l'élargissement de l'interligne ni la synovite.
    Prise en charge décrite
    Traitement médical et orthèse de la base du pouce d'abord (Kroon et al.). Eaton et Littler proposaient aux stades I et II la reconstruction ligamentaire par une bandelette du fléchisseur radial du carpe pour une douleur rebelle : 95 % de résultats bons ou excellents dans leur série de 50 reconstructions, au recul moyen de 7 ans (Eaton et al., 1984).
    Animer le stade I en 3D
  3. Pouce en 3D vu de profil radio-palmaire, stade II : pincement léger, premiers becs, base de M1 un peu décalée en arrière.

    IIPincement léger

    Définition
    Pincement léger de l'interligne ; ostéophytes ou corps étrangers de moins de 2 mm ; subluxation autour d'un tiers (« jusqu'à » ou « au moins » un tiers selon les tableaux).
    Dans le modèle 3D
    Cartilage aminci de moitié au compartiment palmaire, premiers ostéophytes (1,5 mm environ) ; la base de M1 glisse en dehors et en arrière de 22 % de sa largeur (jauge « jusqu'à un tiers »).
    Prise en charge décrite
    Mêmes options qu'au stade I (Eaton et al., 1984). C'est le stade le plus trompeur : dans une série arthroscopique, 26 des 31 stades II avaient un cartilage de stade 3 ou 4 d'Outerbridge (Carità et al.).
    Animer le stade II en 3D
  4. Pouce en 3D vu de profil radio-palmaire, stade III : os à nu au compartiment palmaire, gros becs, base de M1 subluxée en arrière.

    IIIPincement marqué

    Définition
    Pincement marqué, condensation sous-chondrale et géodes ; ostéophytes ou corps étrangers de plus de 2 mm ; subluxation de plus d'un tiers ; scapho-trapézienne conservée.
    Dans le modèle 3D
    Os à nu au compartiment palmaire (rouge sombre, os sclérosé), cartilage aminci partout, ostéophytes de 3 mm environ, base de M1 subluxée de 45 % de sa largeur (jauge « plus d'un tiers »). Les géodes ne sont pas dessinées.
    Prise en charge décrite
    Résultats moins constants de la reconstruction ligamentaire : 74 % de bons ou excellents aux stades III et IV réunis (Eaton et al., 1984). Options : trapézectomie, avec ou sans ligamentoplastie-interposition (Burton et Pellegrini) ; prothèse trapézo-métacarpienne, que Badia et Sambandam réservaient aux stades III et IV débutant chez le patient âgé peu exigeant (26 pouces). Aucune technique chirurgicale ne s'est montrée supérieure aux autres (Kroon et al.).
    Animer le stade III en 3D
  5. Pouce en 3D vu de profil radio-palmaire, stade IV : les signes du stade III, et l'articulation scapho-trapézienne pincée sous la trapézo-métacarpienne.

    IVAtteinte scapho-trapézienne (pantrapézienne)

    Définition
    Signes du stade III et atteinte de l'articulation scapho-trapézienne (pincement, géodes, condensation) : arthrose pantrapézienne.
    Dans le modèle 3D
    Le stade III, plus l'arthrose scapho-trapézienne : pincement, becs de 1,8 mm environ, légère bascule du scaphoïde, visibles dans la petite vue sous chaque stade de l'infographie. La jauge du modèle allume la scapho-trapézienne dès le cran IV.
    Prise en charge décrite
    Eaton et Littler recommandaient l'arthroplastie ou l'arthrodèse plutôt que la reconstruction ligamentaire (Kennedy et al.). Une scapho-trapézienne modérément usée, laissée en place pendant l'arthroplastie trapézo-métacarpienne, n'a pas progressé (18 pouces, 8 ans de recul) ; mais la radiographie ne retrouvait l'état opératoire de cette articulation que dans 76 % des cas (Glickel et al., 1992).
    Animer le stade IV en 3D

Rendu schématique, à visée pédagogique : le modèle illustre chaque stade sur une même main, il ne reproduit pas une radiographie. Définitions reformulées d'après Kennedy et al. (2016), Carità et al. (2024) et Holzbauer et al. (2026) ; les figures des articles ne sont pas reproduites. La subluxation est une jauge à part dans le modèle : elle est posée ici à 0 au stade I, à 22 % de la base au stade II, à 45 % aux stades III et IV (seuil d'un tiers). Non dessinés : l'élargissement de l'interligne du stade I, la synovite, les géodes. La barre indique le stade : une case au I, quatre au IV.

L'article d'origine

D'Eaton et Littler (1973) à Eaton et Glickel (1987)

La stadification naît d'une opération. Dans Ligament reconstruction for the painful thumb carpometacarpal joint (J Bone Joint Surg Am, 1973 ; doi:10.2106/00004623-197355080-00010), R. G. Eaton et J. W. Littler décrivent une reconstruction extra-articulaire qui stabilise la trapézo-métacarpienne par une bandelette du fléchisseur radial du carpe passée dans la base de M1, pratiquée depuis 1967 (Eaton et al., 1984). Ils cotent l'articulation en quatre stades radiographiques, qui servent à indiquer l'opération.

Trois textes ont fixé la classification :

  • 1973 : quatre stades. Le stade IV y désigne une atteinte avancée de la trapézo-métacarpienne avec subluxation importante ; la scapho-trapézienne n'entre dans la définition qu'en 1987 (d'après Kennedy et al. ; le texte d'origine n'a pas été relu pour cette page) ;
  • 1984 : Eaton, Lane, Littler et Keyser cotent de I à IV les 50 premières reconstructions (recul moyen de 7 ans) : 95 % de résultats bons ou excellents aux stades I et II, 74 % aux stades III et IV. La reconstruction n'est plus recommandée qu'aux stades I et II (Eaton et al., 1984) ;
  • 1987 : Eaton et Glickel présentent la stadification comme le fondement du traitement, lue surtout sur le profil, et à corriger si l'inspection chirurgicale montre plus de dégâts que la radiographie (Eaton et Glickel). Leur version redéfinit le stade IV : atteinte de la scapho-trapézienne, en plus de la trapézo-métacarpienne (Kennedy et al.) ;
  • les versions diffèrent par l'inclusion et l'étendue de la subluxation, le stade où apparaît la condensation, le degré de pincement et la définition du stade IV (Nelson et al., 2025). Une étude de 2026 compare les trois versions publiées sur les textes d'origine (Holzbauer et al.).

L'article de 1973 compte 926 citations et celui de 1987 en compte 490 (OpenAlex, 31 octobre 2026). C'est la grille de gravité radiographique la plus employée de la rhizarthrose (Melville et al.) ; l'article de 1987 n'a pas de DOI, il se trouve par PMID 3693416.

Reproductibilité

Les stades sont-ils reproductibles ?

Moyennement. Une revue systématique de quatre études (163 patients) trouve un accord inter-observateurs de médiocre à passable (kappa de 0,11 à 0,56) et intra-observateur de passable à modéré (0,54 à 0,66) (Berger et al.). Les études suivantes ne font pas mieux : le désaccord porte sur les stades intermédiaires II et III.

Reproductibilité de la classification d'Eaton (références 5 à 12). Les études diffèrent par la version, les incidences, les lecteurs et la statistique ; les coefficients ne sont pas directement comparables.
ÉtudeMesureValeur
Kubik et Lubahn, 2002Kappa intra- puis inter-observateurs, 3 chirurgiens de la main et 3 internes, 40 radiographies0,66 · 0,53
Dela Rosa et al., 2004Kappa intra- puis inter-observateurs, 6 chirurgiens de la main, 40 séries, selon le nombre d'incidences (valeurs du tableau de Berger et al.)0,59–0,61 · 0,37–0,56
Spaans et al., 2011Kappa inter-observateurs, 5 radiologues et 8 chirurgiens de la main, 40 cas (valeur du tableau de Berger et al.) ; l'accord sur le traitement choisi n'était que passable0,50
Hansen et al., 2013Kappa intra- puis inter-observateurs moyens sur radiographies, 5 lecteurs, 50 mains ; avec le scanner : 0,76 puis 0,220,54 · 0,17
Becker et al., 2016Accord inter-observateurs (statistique s*, pas kappa), 92 chirurgiens de la main, 30 clichés : réduire la grille aux trois premiers stades (sans la scapho-trapézienne) le rapproche d'un accord substantiels*
Holzbauer et al., 2026Trois versions (1973, 1984, 1987), 8 lecteurs, 100 profils : kappa inter-observateurs de 0,39 (1973) puis de 0,45 (1984 et 1987) ; kappa intra-observateur de 0,51 à 0,980,39 · 0,45
Nelson et al., 2025Eaton-Glickel, un chirurgien et un étudiant formé, 40 séries : accord intra-observateur modéré (étudiant) à substantiel (chirurgien), accord entre les deux modéré (kappas non chiffrés dans le résumé)modéré

Dans l'étude de Holzbauer et al., un lecteur s'accorde assez bien avec lui-même, mais les lecteurs s'accordent peu entre eux, surtout pour les stades II et III ; les auteurs concluent que cette classification ne peut pas guider seule le traitement. Le scanner améliore l'accord d'un lecteur avec lui-même, pas celui des lecteurs entre eux, et la distinction entre les stades III et IV y reste mauvaise (Hansen et al.).

Variantes et voisines

Les trois versions d'Eaton, et les autres grilles

« Eaton-Littler », « Eaton » et « Eaton-Glickel » désignent trois versions publiées en 1973, 1984 et 1987, dont les définitions ne se recouvrent pas tout à fait (Holzbauer et al.). La plupart des travaux récents citent la version de 1987 (Nelson et al.), souvent sous le nom d'Eaton-Littler.

D'autres grilles décrivent la même articulation, sur la radiographie, à l'arthroscopie ou en population :

Grilles décrites d'après leurs résumés et revues (références 1 à 3, 5, 12, 17 à 20). Ni les définitions de Dell et de Badia, ni les textes d'origine de 1973 à 1987 n'ont été relus pour cette page.
GrillePrincipeRemarque
Eaton et Littler, 1973Quatre stades radiographiques décrits avec la reconstruction ligamentaire ; stade IV : atteinte avancée de la trapézo-métacarpienneTexte d'origine non relu pour cette page ; accord inter-observateurs de 0,39 (Holzbauer).
Eaton et al., 1984Cotation I à IV de 50 reconstructions ligamentaires, suivies 7 ans en moyenneVersion à part pour Holzbauer ; accord inter-observateurs de 0,45.
Eaton et Glickel, 1987Stadification comme fondement du traitement ; stade IV : scapho-trapézienne atteinte ; lecture sur le profilLa version la plus employée, et celle du modèle 3D.
Dell, Brushart et Smith, 197891 pouces classés par gravité radiographique ; atteintes légères traitées par anti-inflammatoires et attelle en C, résection du trapèze avec raccourcissement du long abducteur du pouce pour 16 poucesAntérieure à Eaton-Glickel ; ses classes ne sont pas décrites ici (résumé seul lu).
Badia, 2006Classification arthroscopique de la trapézo-métacarpienne, avec un algorithme de traitementVoit le cartilage, que la radiographie sous-estime ; ses stades ne sont pas décrits ici (résumé seul lu).
Allieu, 2021Trois paramètres radiologiques cotés de 0 à 3 : pincement trapézo-métacarpien, instabilité-subluxation, atteinte scapho-trapézo-trapézoïdienneSouligne les insuffisances de Dell et d'Eaton-Littler ; à valider par un suivi prospectif.
Curtis, 2025Stades I, II, IIIA, IIIB et IV, aux seuils mesurés sur radiographie numérique (subluxation en %, ostéophytes en mm, pincement par rapport à la scapho-trapézienne) ; contient la grille d'Eaton-GlickelAccord entre un chirurgien et un étudiant : presque parfait puis substantiel, contre modéré pour Eaton-Glickel (40 séries) ; à vérifier par d'autres équipes.
Kellgren et Lawrence appliquée à la trapézo-métacarpienne (grille du genou)Grades 2 à 4 dans une cohorte finlandaise de 3 595 sujets de 30 ans et plusÉpidémiologie : 7 % des hommes et 15 % des femmes (standardisé sur l'âge) ; les signes radiographiques ne prédisaient pas l'incapacité au travail.

Usage

En recherche et en pratique clinique

En recherche

La grille d'Eaton-Glickel décrit la gravité radiographique des cohortes de rhizarthrose symptomatique, mais elle ne prédit pas le vécu du patient : sur 85 patients (106 séries de radiographies), aucun score rapporté par le patient (Michigan Hand Questionnaire, douleur, PROMIS) n'était corrélé au stade (Nelson et al., 2025). La précision de la classification est d'abord un enjeu de méthode : préciser la version, les incidences, les lecteurs et la mesure de la subluxation.

En pratique clinique

La clinique et les radiographies suffisent le plus souvent au diagnostic (Melville et al.). Le stade dit où en est l'articulation sur le cliché : au stade I ou II, une articulation encore conservée, que la reconstruction ligamentaire d'Eaton et Littler cherchait à préserver ; au stade III, une articulation très atteinte ; au stade IV, une atteinte qui dépasse la trapézo-métacarpienne (Eaton et al., 1984, Kennedy et al.).

Le traitement commence par le non opératoire, quel que soit le stade : l'orthèse prolongée de la base du pouce a un effet favorable, les infiltrations de corticoïde ou d'acide hyaluronique de la base du pouce n'ont pas montré de bénéfice net, et aucune technique chirurgicale ne s'est montrée supérieure à une autre dans les essais, les plus complexes entraînant plus de complications (Kroon et al., 2018).

Le stade guide donc peu : quand 8 chirurgiens de la main devaient choisir un traitement pour 40 cas, leur accord n'était que passable (Spaans et al., 2011). La décision repose sur les symptômes, le retentissement et l'échec du traitement non opératoire ; le stade situe la lésion, et la scapho-trapézienne se juge aussi à l'inspection chirurgicale (Eaton et Glickel).

Pièges de cotation

Cinq pièges en cotant une rhizarthrose

  • Dire quelle version. Les versions de 1973, de 1984 et de 1987 ne se recouvrent pas : sous-stade de la condensation, degré de pincement, subluxation, définition du IV (Nelson et al.). Les tableaux publiés écrivent la subluxation du stade II « jusqu'à » ou « au moins » un tiers : écrire la version et le seuil.
  • II et III se confondent. Ce sont les stades les moins reproductibles (Holzbauer et al.). Mesurer la subluxation en pourcentage de la largeur de la base de M1 et l'ostéophyte en millimètres, comme le fait la grille de Curtis, évite de trancher à l'œil (Nelson et al.).
  • Le stade IV, c'est la scapho-trapézienne. Chercher l'articulation à part ; la radiographie ne la jugeait comme à l'inspection opératoire que dans 76 % des cas (Glickel et al., 1992), le scanner ne rend pas la distinction entre III et IV plus reproductible (Hansen et al.), et sans la scapho-trapézienne la grille devient plus fidèle (Becker et al.).
  • Les incidences comptent. Eaton et Glickel lisent surtout le profil (Eaton et Glickel) ; Becker et al. faisaient coter sur les incidences de Robert, de profil et oblique (Becker et al.), Dela Rosa et al. comparaient la face et le profil du poignet à l'incidence de Bett (Gedda) : l'accord entre les deux lectures n'était que passable, et il tendait à s'améliorer avec les trois incidences ensemble (Dela Rosa et al.).
  • La radiographie n'est ni le cartilage ni la douleur. Sur 51 arthroscopies, 26 des 31 stades II avaient un cartilage Outerbridge 3 ou 4 (Carità et al.) ; 5 des 20 articulations étaient discordantes dans une série plus petite (Sun et al.), et aucune corrélation entre stade et dégâts cartilagineux sur 20 surfaces opératoires (März et al.). Ne pas écarter un patient très symptomatique parce que le stade est bas.

Autoévaluation

Quel stade ?

La même main vue de trois quarts radio-palmaire, aux quatre stades, dans le désordre. Les indices : le cartilage et l'interligne, les becs, la subluxation de la base de M1, et l'articulation scapho-trapézienne au stade IV. La réponse s'accompagne de la définition.

Pouce en 3D vu de trois quarts radio-palmaire, à un stade d'Eaton-Littler inconnu, pour l'autoévaluation.

Quel est ce stade d'Eaton-Littler ?

Télécharger et citer

Des infographies libres, pour l'enseignement et les publications

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VancouverEMET Education. Classification d'Eaton-Littler de la rhizarthrose : visualisation 3D [Internet]. 2026 [cité le]. Disponible : https://www.emet-education.com/fr/classifications/eaton-littler/. CC BY 4.0.
APAEMET Education. (2026). Classification d'Eaton-Littler de la rhizarthrose : visualisation 3D [Infographie]. https://www.emet-education.com/fr/classifications/eaton-littler/ (CC BY 4.0)
HTML<a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/eaton-littler/"><img src="https://www.emet-education.com/fr/classifications/eaton-littler/img/infographic.webp" alt="Classification d'Eaton-Littler de la rhizarthrose en 3D" width="960"></a><br>Figure : <a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/eaton-littler/">EMET Education</a>, CC BY 4.0

Questions

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la classification d'Eaton-Littler ?

C'est une grille radiographique en quatre stades de l'arthrose trapézo-métacarpienne du pouce (rhizarthrose), décrite par Eaton et Littler en 1973 et remaniée par Eaton et Glickel en 1987. Elle cote le pincement de l'interligne, les ostéophytes, la subluxation de la base du 1er métacarpien et, au stade IV, l'atteinte de la scapho-trapézienne.

Quelle différence entre Eaton-Littler et Eaton-Glickel ?

Ce sont deux versions de la même grille, de 1973 et de 1987, avec une version intermédiaire de 1984. Elles diffèrent par la place de la subluxation, le stade où apparaît la condensation, le degré de pincement et surtout la définition du stade IV, qui devient l'atteinte de la scapho-trapézienne en 1987. Dans la pratique, « Eaton-Littler » désigne le plus souvent la version de 1987 : à préciser dans un article.

Qu'est-ce qui distingue le stade III du stade IV ?

Au stade IV, l'articulation scapho-trapézienne est atteinte (pincement, géodes, condensation) en plus de la trapézo-métacarpienne très atteinte du stade III : c'est une arthrose pantrapézienne. C'est aussi la distinction la moins reproductible, et la radiographie ne rend compte de l'état opératoire de la scapho-trapézienne que dans 76 % des cas.

Sur quelle incidence radiographique cote-t-on ?

Eaton et Glickel insistent sur le profil de la trapézo-métacarpienne, que complètent selon les équipes la face de Robert, l'incidence de Bett (Gedda) et une oblique. L'accord entre lecteurs tend à s'améliorer quand on associe plusieurs incidences ; en recherche, il faut dire lesquelles.

Quel traitement selon le stade d'Eaton-Littler ?

Le traitement commence par l'orthèse et le traitement médical à tous les stades. Eaton et Littler réservaient la reconstruction ligamentaire aux stades I et II ; aux stades III et IV, on propose la trapézectomie, avec ou sans ligamentoplastie-interposition, ou une prothèse. Aucune technique n'a démontré sa supériorité et les chirurgiens s'accordent peu sur le choix : le stade oriente, il ne décide pas.

Le stade radiographique correspond-il aux symptômes ?

Mal. Dans une série de 85 patients, aucun score rapporté par le patient n'était corrélé au stade ; à l'arthroscopie, 26 des 31 stades II avaient un cartilage très abîmé (Outerbridge 3 ou 4). Un stade bas n'exclut pas une articulation douloureuse ni une atteinte cartilagineuse sévère.

Puis-je réutiliser ces images dans un cours ou un article ?

Oui. Les images et les infographies de cette page sont des rendus du modèle 3D de rhizarthrose d'EMET Education, sous licence Creative Commons Attribution 4.0 : réutilisation libre, y compris commerciale, en citant EMET Education avec un lien vers cette page. Elles ne reprennent aucune figure des articles d'origine. L'encadré « Citer cette figure » donne des citations prêtes à coller.

Sources

Auteur et références

Page rédigée par le Dr Mikaël Chelli, chirurgien orthopédiste. Dernière relecture le 31 octobre 2026.

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  2. Eaton RG, Glickel SZ. Trapeziometacarpal osteoarthritis. Staging as a rationale for treatment. Hand Clin. 1987;3(4):455–71. PMID 3693416
  3. Eaton RG, Lane LB, Littler JW, Keyser JJ. Ligament reconstruction for the painful thumb carpometacarpal joint: a long-term assessment. J Hand Surg Am. 1984;9(5):692–9. doi:10.1016/s0363-5023(84)80015-5
  4. Kennedy CD, Manske MC, Huang JI. Classifications in Brief: The Eaton-Littler classification of thumb carpometacarpal joint arthrosis. Clin Orthop Relat Res. 2016;474(12):2729–33. doi:10.1007/s11999-016-4864-6
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