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Classification · Omarthrose centrée
Classification de Samilson et Prieto : visualisation 3D
Les trois grades radiographiques de l'arthrose gléno-humérale, d'après la hauteur de l'ostéophyte inférieur, sur un modèle 3D de l'épaule vu comme la radiographie de face. Avec l'article d'origine, les variantes, les données de reproductibilité et des infographies libres pour l'enseignement et les publications.
Conçu par un chirurgien orthopédiste
Le modèle 3D s'ouvre dans votre navigateur, au grade montré, sans inscription. Les infographies sont libres de réutilisation sous licence CC BY 4.0.
- 1983Publiée par Samilson et Prieto dans le Journal of Bone and Joint Surgery
- I–IIITrois grades : arthrose légère, modérée, sévère
- 911Citations de l'article d'origine (OpenAlex, 5 octobre 2026)
- 3 · 7 mmLes deux seuils de hauteur de l'ostéophyte inférieur qui séparent les grades
Les trois grades
Du grade I au grade III, en 3D
Chaque image est un rendu du modèle d'arthrose de l'épaule d'EMET Education en arthrose centrée, à ce grade, vu comme la radiographie de face sur laquelle on mesure l'ostéophyte : dans l'axe de l'interligne gléno-huméral, l'apophyse coracoïde projetée sur le haut de la glène. L'épaule normale sert de repère. Le modèle fait pousser l'ostéophyte huméral sous la tête (« barbe de chèvre ») et l'ostéophyte glénoïdien sous la glène, use le cartilage, pince l'interligne et déforme la tête selon le grade.
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Épaule normale (repère)
- Dans le modèle 3D
- Cartilage intact sur la tête et la glène, aucun ostéophyte, interligne régulier. Ce n'est pas un grade de la classification : il sert de comparaison.
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ILégère
- Critères radiographiques
- Ostéophyte inférieur, huméral ou glénoïdien (ou les deux), de moins de 3 mm de haut.
- Dans le modèle 3D
- Ostéophyte huméral de 2,8 mm, glénoïdien de 1,6 mm ; usure débutante du cartilage au centre de la zone d'appui.
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IIModérée
- Critères radiographiques
- Ostéophyte inférieur de 3 à 7 mm, interligne gléno-huméral légèrement irrégulier.
- Dans le modèle 3D
- Ostéophyte huméral de 7 mm, glénoïdien de 4,5 mm ; cartilage aminci et irrégulier, petites plages d'os à nu ; léger pincement, tête aplatie dans la zone d'appui (environ 4 mm).
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IIISévère
- Critères radiographiques
- Ostéophyte inférieur de plus de 7 mm, pincement de l'interligne gléno-huméral et condensation sous-chondrale.
- Dans le modèle 3D
- Ostéophyte huméral de 14 mm, glénoïdien de 9 mm ; cartilage presque disparu au centre, os à nu ; interligne pincé, tête très déformée (aplatie d'environ 6 mm et bosselée).
Rendu schématique, à visée pédagogique : le modèle illustre chaque grade sur une même épaule, il ne reproduit pas une radiographie. Les hauteurs d'ostéophyte sont prises en haut de chaque classe pour bien se voir. Critères reformulés d'après la description d'origine ; les figures de 1983 ne sont pas reproduites.
L'article d'origine
Samilson et Prieto, 1983
R. L. Samilson et V. Prieto ont publié Dislocation arthropathy of the shoulder dans le Journal of Bone and Joint Surgery en 1983 (65:456–60, doi:10.2106/00004623-198365040-00005). Ils décrivaient 74 épaules de 70 patients ayant eu une ou plusieurs luxations et une arthrose gléno-humérale à la radiographie, l'épaule opposée étant normale : 62 luxations antérieures, 11 postérieures et une multidirectionnelle. Ils cotaient l'arthrose sur la hauteur de l'ostéophyte inférieur de la tête humérale ou de la glène : légère, modérée ou sévère.
Leurs principales observations :
- les luxations postérieures s'accompagnaient bien plus souvent d'une arthrose modérée ou sévère, ce qu'ils reliaient au retard de diagnostic ;
- ni le nombre de récidives ni les lésions osseuses du rebord de la glène ou de la tête n'étaient liés à la sévérité de l'arthrose ;
- les interventions dont le matériel empiétait sur le cartilage étaient souvent suivies d'une arthrose modérée à sévère ;
- l'arthrose survenait aussi sans chirurgie : 10 des 15 épaules à arthrose sévère et 6 des 14 à arthrose modérée n'avaient jamais été opérées.
Conçue pour l'arthrose après luxation, la classification est devenue celle de l'omarthrose centrée en général, primitive comprise. Au 5 octobre 2026, OpenAlex recense 911 citations de l'article d'origine.
Reproductibilité
Le grade est-il reproductible ?
Bien, et mieux que les autres classifications radiographiques de l'épaule : une seule mesure, la hauteur de l'ostéophyte, avec deux seuils simples.
| Étude | Mesure | Valeur |
|---|---|---|
| Brox et al., 2003 | Kappa inter-observateurs, 40 épaules opérées d'une instabilité (Kellgren-Lawrence : 0,36) | 0,76 |
| Kappe et al., 2011 | Kappa inter-observateurs, 52 épaules à omarthrose sur rupture de coiffe | 0,51 |
| Linke et al., 2022 | Kappa pondéré inter-observateurs, 352 omarthroses primitives | 0,88 |
| Longo et al., 2024 | Kappa pondéré intra-observateur, deux lecteurs, 752 patients | 0,82 et 0,82 |
| Longo et al., 2024 | Kappa pondéré inter-observateurs (Kellgren-Lawrence : 0,70) | 0,87 |
Dans les deux études qui les comparaient sur les mêmes clichés, Samilson et Prieto faisait mieux que Kellgren et Lawrence (0,76 contre 0,36 chez Brox et al. ; 0,87 contre 0,70 chez Longo et al.), et Brox et al. le recommandaient pour sa simplicité. L'accord baisse quand l'articulation est très remaniée : sur des omarthroses sur rupture de coiffe, il n'était que de 0,51 chez Kappe et al.
Variantes et classifications voisines
Trois variantes, et ce que l'ostéophyte ne dit pas
Plusieurs équipes ont retouché les seuils ou ajouté un grade, surtout dans les séries d'instabilité opérée ; leur reproductibilité est comparable à celle de l'original (Longo et al., 2024). Surtout, la hauteur de l'ostéophyte ne décrit ni la forme de la glène ni la subluxation postérieure de la tête, que le scanner ou l'IRM montrent en coupe axiale : chez Linke et al., le grade de Samilson et Prieto n'était pas corrélé au type de glène de Walch.
En rapportant un grade, précisez la version utilisée :
| Classification | Ce qu'elle cote | Usage habituel |
|---|---|---|
| Allain (1998) | Quatre grades : ostéophyte huméral de 1 à 3 mm, de 4 à 7 mm, de plus de 7 mm, puis pincement et condensation. | Suivi à long terme après butée de Latarjet ; distingue aussi arthrose centrée et excentrée. |
| Gerber (1988) | Ostéophyte de moins de 3 mm ; de 3 à 5 mm avec irrégularité et condensation ; au-delà. | Séries d'instabilité opérée (intervention de Trillat). |
| Buscayret (2004) | Les trois grades d'origine et un grade 4 : contact os contre os, avec ou sans ostéophyte. | Arthrose avant et après chirurgie de l'instabilité (570 patients). |
| Walch (1999) | La forme de la glène et le centrage de la tête en coupe axiale (types A, B, C, puis D). | Planification d'une prothèse ; demande un scanner ou une IRM. |
| Hamada (1990) | L'arthrose excentrée sur rupture massive de la coiffe : ascension de la tête, acétabulisation, tassement. | Omarthrose sur rupture de coiffe : l'autre forme du modèle 3D. |
Usage
En recherche et en pratique clinique
En recherche
La classification reste la mesure de référence de l'arthrose après instabilité. Sur 570 patients opérés d'une instabilité antérieure, Buscayret et al. trouvaient 9,2 % d'arthrose avant l'intervention et 19,7 % d'arthrose apparue après, à 6,5 ans de recul ; le risque augmentait avec l'âge à la première luxation et à l'intervention, le délai avant la chirurgie, les lésions osseuses du rebord de la glène et le nombre de luxations. Après une butée de Latarjet suivie 14 ans en moyenne, Allain et al. relevaient une arthrose centrée sur 34 des 58 épaules, de grade 1 le plus souvent, et notaient que ce grade 1 ne retentissait pas sur la fonction, à la différence des grades supérieurs.
En pratique clinique
Le grade résume la sévérité de l'arthrose sur un cliché de face, simplement et de façon reproductible. Il ne mesure ni la douleur ni la gêne : chez Brox et al., aucun patient sans arthrose ne souffrait, mais un sur cinq seulement des patients arthrosiques avait mal. La décision thérapeutique se fonde sur la clinique.
Avant une prothèse, le grade ne suffit pas : l'usure postérieure de la glène et la subluxation postérieure de la tête, qui pèsent sur le choix et la position de l'implant, ne se voient qu'en coupe axiale. Linke et al. concluaient qu'un scanner ou une IRM restait indispensable pour mesurer la complexité de l'arthrose.
Pièges de cotation
Cinq pièges en cotant une épaule
- Coter sur un vrai cliché de face. Dans l'axe de l'interligne, l'ostéophyte inférieur se dégage ; la rotation du bras change sa projection et peut le raccourcir. Allain et al. prenaient trois clichés de face, en rotation externe, neutre et interne.
- Mesurer le plus grand ostéophyte. Le critère porte sur l'ostéophyte huméral ou glénoïdien, ou les deux : c'est le plus haut qui fixe le grade. Mesurez sa hauteur en millimètres, sur un cliché calibré.
- Dire quelle version on utilise. Les seuils de Gerber (5 mm) et le grade 4 d'Allain ou de Buscayret ne recouvrent pas les trois grades d'origine.
- Réserver la classification à l'arthrose centrée. Une tête ascensionnée sous l'acromion, sur une rupture massive de la coiffe, relève de la classification de Hamada.
- Compléter par une coupe axiale avant une prothèse. Le grade ne dit rien de l'usure postérieure de la glène ni de la subluxation de la tête (classification de Walch).
Autoévaluation
Quel grade ?
La même épaule vue d'en avant et d'en bas, normale ou à l'un des trois grades, dans le désordre. Trouvez le grade de chacune ; la réponse s'accompagne des critères.
Quel est ce grade de Samilson et Prieto ?
Télécharger et citer
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Citer cette figure
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EMET Education. Classification de Samilson et Prieto de l'omarthrose : visualisation 3D [Internet]. 2026 [cité le]. Disponible : https://www.emet-education.com/fr/classifications/samilson-prieto/. CC BY 4.0.EMET Education. (2026). Classification de Samilson et Prieto de l'omarthrose : visualisation 3D [Infographie]. https://www.emet-education.com/fr/classifications/samilson-prieto/ (CC BY 4.0)<a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/samilson-prieto/"><img src="https://www.emet-education.com/fr/classifications/samilson-prieto/img/infographic.webp" alt="Classification de Samilson et Prieto en 3D" width="960"></a><br>Figure : <a href="https://www.emet-education.com/fr/classifications/samilson-prieto/">EMET Education</a>, CC BY 4.0Questions
Questions fréquentes
Quelle différence entre les grades II et III de Samilson et Prieto ?
La hauteur de l'ostéophyte inférieur : de 3 à 7 mm au grade II, plus de 7 mm au grade III. Le grade III s'accompagne en outre d'un pincement de l'interligne et d'une condensation sous-chondrale, quand le grade II n'a qu'une légère irrégularité de l'interligne.
Faut-il mesurer l'ostéophyte huméral ou glénoïdien ?
Les deux comptent : le critère est l'ostéophyte inférieur de la tête humérale ou de la glène, ou des deux. On retient le plus haut. L'ostéophyte huméral, qui prolonge le bas de la tête en « barbe de chèvre », est le plus souvent le plus grand.
La classification ne concerne-t-elle que l'arthrose après luxation ?
Elle a été décrite en 1983 sur des arthroses après luxation, mais elle sert aujourd'hui à coter l'omarthrose centrée en général, primitive comprise. Elle ne convient pas à l'omarthrose sur rupture de coiffe, où la tête monte sous l'acromion (classification de Hamada).
Quelle différence avec la classification de Walch ?
Samilson et Prieto cote la sévérité de l'arthrose sur un cliché de face, par l'ostéophyte. Walch décrit, en coupe axiale au scanner ou à l'IRM, la forme de la glène et le centrage de la tête (types A, B, C). Les deux ne sont pas corrélés : avant une prothèse, la seconde est indispensable.
Samilson et Prieto ou Kellgren et Lawrence pour l'épaule ?
Pour l'épaule, Samilson et Prieto est plus reproductible : kappa inter-observateurs de 0,76 contre 0,36 chez Brox et al., de 0,87 contre 0,70 chez Longo et al. Il est aussi plus simple, puisqu'il repose sur une seule mesure.
Puis-je réutiliser ces images dans un cours ou un article ?
Oui. Les images et les infographies de cette page sont sous licence Creative Commons Attribution 4.0 : réutilisation libre, y compris commerciale, en citant EMET Education avec un lien vers cette page. L'encadré « Citer cette figure » donne des citations prêtes à coller.
Comment les images 3D ont-elles été faites ?
Ce sont des rendus du modèle d'arthrose de l'épaule d'EMET Education, en arthrose centrée, réglé à chaque grade : le modèle fait pousser les ostéophytes huméral et glénoïdien à la hauteur du grade, use le cartilage, pince l'interligne dans l'axe sans migration de la tête, et aplatit la tête dans sa zone d'appui. C'est un modèle schématique, pour l'enseignement et l'explication au patient ; il ne reproduit pas une radiographie.
Sources
Auteur et références
- Samilson RL, Prieto V. Dislocation arthropathy of the shoulder. J Bone Joint Surg Am. 1983;65(4):456–60. doi:10.2106/00004623-198365040-00005
- Allain J, Goutallier D, Glorion C. Long-term results of the Latarjet procedure for the treatment of anterior instability of the shoulder. J Bone Joint Surg Am. 1998;80(6):841–52. doi:10.2106/00004623-199806000-00008
- Brox JI, Lereim P, Merckoll E, Finnanger AM. Radiographic classification of glenohumeral arthrosis. Acta Orthop Scand. 2003;74(2):186–9. doi:10.1080/00016470310013932
- Kappe T, Cakir B, Reichel H, Elsharkawi M. Reliability of radiologic classification for cuff tear arthropathy. J Shoulder Elbow Surg. 2011;20(4):543–7. doi:10.1016/j.jse.2011.01.012
- Linke PM, Zemke K, Ecker NU, Neumann J, Werner AW. Standard radiological classification of glenohumeral osteoarthritis does not correlate with the complexity of the arthritic glenoid deformity. Arch Orthop Trauma Surg. 2022;142(7):1413–20. doi:10.1007/s00402-021-03758-7
- Longo UG, de Sire A, De Salvatore S, et al. Imaging of glenohumeral osteoarthritis: reliability and reproducibility of radiological classifications. J Back Musculoskelet Rehabil. 2024;37(6):1729–39. doi:10.3233/BMR-240187
- Buscayret F, Edwards TB, Szabo I, Adeleine P, Coudane H, Walch G. Glenohumeral arthrosis in anterior instability before and after surgical treatment: incidence and contributing factors. Am J Sports Med. 2004;32(5):1165–72. doi:10.1177/0363546503262686
- Gerber C, Terrier F, Ganz R. The Trillat procedure for recurrent anterior instability of the shoulder. J Bone Joint Surg Br. 1988;70(1):130–4. doi:10.1302/0301-620X.70B1.3339045
- Walch G, Badet R, Boulahia A, Khoury A. Morphologic study of the glenoid in primary glenohumeral osteoarthritis. J Arthroplasty. 1999;14(6):756–60. doi:10.1016/S0883-5403(99)90232-2
- Hamada K, Fukuda H, Mikasa M, Kobayashi Y. Roentgenographic findings in massive rotator cuff tears. A long-term observation. Clin Orthop Relat Res. 1990;(254):92–6. doi:10.1097/00003086-199005000-00014
- Kellgren JH, Lawrence JS. Radiological assessment of osteo-arthrosis. Ann Rheum Dis. 1957;16(4):494–502. doi:10.1136/ard.16.4.494
Modèles 3D
Montrez le grade à votre patient
Les images de cette page viennent d'un modèle interactif. En consultation, réglez le grade d'après la radiographie de votre patient, puis montrez le traitement discuté, jusqu'à la prothèse.
ÉpauleArthrose de l'épauleGrades de Samilson et Prieto et de Hamada, ostéonécrose de la tête humérale, prothèses anatomique et inversée.
ÉpauleInstabilité de l'épauleLuxation, lésion de Bankart, encoche de Hill-Sachs, perte osseuse de la glène.
ClassificationsClassification de HamadaL'arthrose excentrée sur rupture massive de la coiffe, grade par grade.
Expliquez le grade en 3D
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